Sur l’autel de la maitrise des dépenses de santé les ministres successifs ont sacrifiés la démographie médicale, le nombre de lit d’hospitalisation, la visite à domicile du généraliste, la responsabilisation des patients, la confiance en l’expertise des professionnels du secteur … Toute la chaine des soins se trouve impactée, la médecine de ville comme la médecine hospitalière, la médecine publique comme la médecine libérale.

La ministre de la santé, sur l’air de « tout va très bien madame la marquise », fredonne en forme d’aveux « des services d’urgences aux limites de leurs capacités » et incite fortement les hôpitaux à « reporter d’avantage les opérations non urgentes pour désengorger les services hospitaliers ».

Pour endiguer un véritable raz-de-marée les professionnels de santé sont invités à se débrouiller avec quelques sacs de sable, mais pas question de construire des digues ! Les plans de crises se succèdent, la situation de fond demeure.

Nul besoin d’être devin pour prédire de nouvelles crises sanitaires. Elles sont quasi inévitables. La future politique de santé en France doit intégrer cette donnée. Si la prévention doit rester un pilier de l’action publique, nous devons anticiper et repenser l’offre de soins de ville et hospitalière.